Category Découvrir la culture allemande

Une ou des culture(s) allemande(s) ?

Il n’y a pas une culture germanique, mais bien plusieurs. Cela s’explique par le fait que l’Allemagne est un État fédéral. La politique culturelle est du ressort des Länder (des régions). Il n’y a pas de politique culturelle allemande, mais chaque État fédéral a son propre ministère (de la culture).

 

Qu’est-ce que la culture ?

Par culture, on entend surtout la langue, la littérature, l’histoire, la religion, l’éthique, l’art, la science, l’économie et la juridiction d’un peuple. L’Allemagne d’aujourd’hui (géographiquement parlant) n’a rien à voir avec l’Allemagne d’avant, elle était composée d’une multiplicité d’états territoriaux et des cultures propres se sont alors développées. Depuis 1945, environ 25 millions de personnes ont immigré en Allemagne et environ 18 millions ont émigré. Cela a entraîné de grands changements dans la culture.

 

Culture : Langue

La langue officielle en Allemagne est l’allemand (surprenant n’est-ce pas ? :)). Elle a été normalisée au cours des 500 dernières années via le Duden (un dictionnaire de la langue allemande, dont la première édition a été publiée en 1880 par Konrad Duden), les règles d’orthographe, de grammaire et de ponctuation. Mais il y a beaucoup de dialectes et d’autres langues comme le “bas allemand” (Plattdeutsch), le frison, le danois, le sorabe et le roman. Avec l’immigration d’après guerre, beaucoup d’autres langues sont arrivées en Allemagne. De nombreuses familles parlent russe, polonais, turc, serbe ou croate à la maison.

Culture : Musique

Pour les fans comme moi de musique classique, il y a les compositeurs allemands classiques comme Beethoven, Bach ou Wagner. Mais aujourd’hui, à la radio allemande, on entend surtout les mêmes succès internationaux que dans tous les autres pays du monde. À la télévision, vous pouvez simultanément choisir entre la “Deutscher Volksmusik” sur la ZDF (télévision publique allemande) et Rihanna sur Pro7 (télévision privée allemande).

Culture : Alimentation

Il y a beaucoup de plats traditionnels en Allemagne. Pour la plupart ils ne sont pas “allemands” mais de Bavière, de Holstein, de Rhénans, de Saxe… Ce qui me marque le plus, c’est que lorsque je me promène en ville, je ne vois presque pas de restaurant ou de bistro “allemand”. Et lorsque je demande aux allemands, ils trouvent ça normal. Et vous ?

Diversité régionale

Durant son histoire, l’Allemagne a longtemps été divisée en plusieurs États/royaumes différents. Aujourd’hui, c’est un État fédéral composé de 16 Bundesländern (régions fédérales).

À l’intérieur de l’Allemagne, il y a de grandes différences. Quand un Allemand du Nord parlant “Plattdeutsch” rencontre un Allemand du Sud parlant “Bayerisch” ou “Schwäbisch”, ils ne se comprennent pas.

Il y a beaucoup de préjugés, de blagues, de musiques folkloriques, de vêtements traditionnels et de plats différents. Certains Allemands disent appartenir à une certaine région : le Palatinat, la Franconie, le Schleswig, le Sauerland, la Souabe… Ou alors ils se proclament, par exemple de Cologne (langue : Kölsch), Hambourg (langue : Missingsch).

Chaque région a non seulement son propre dialecte, ses propres recettes et ses propres chansons. Les frontières officielles des Länder ne jouent parfois aucun rôle. Le Land de “Baden-Württemberg” est un bon exemple car il regroupe des peuples du Bade, de Souabe, du Wurtemberg et d’autres régions. Les frontières de l’État fédéral sont donc “artificielles”.

 

 

Quiproquo

En Allemagne, ce qui m’amuse le plus c’est que tout le monde ne parle pas l’allemand de la même façon. Il y a donc des expressions que l’on retrouve uniquement dans certaines régions et où elles ne sont pas comprises ailleurs. Il y a aussi des expressions dont le sens diffère en fonction du lieu en Allemagne où vous vous trouvez.

Exemples :

  • noyau d’une pomme dans les dialectes allemands : Bitsch, Bütschgi, Butz / Butzen, Griebs, Griebs, Griebsch, Häuschen, Hinkel, Kippe, Kitsch, Kroose, Krotze, Krutz, Sonche.
  • Partie avant et arrière d’une baguette de pain : Gupf, Kanten, Kapp, Knapp, Knaus, Kneis, Kniep, Knorz, Knust, Kruste, Mürggel, Ranft, Renft, Riebele, Scherz, Tipp.

Vous voulez des Krapfen, Berliner ou Pfannkuchen ?

Un beignet est habituellement un gâteau à la levure cuit dans de la graisse chaude. Dans certaines régions d’Allemagne, cependant, c’est aussi un morceau de viande, de volaille, de fruits ou de légumes. Dans le nord et l’ouest de l’Allemagne, les gâteaux faits à partir de levure sont surtout appelés Berliner, en Bavière et en Franconie surtout Krapfen, en Basse-Saxe Prilleken ou Prilken, en Souabe, en Franconie et dans le Palatinat aussi Fastnachtküchle. À Berlin et en ex-RDA, ce gâteau est appelé Pfannkuchen, en Hesse et en Thuringe Kreppel.

En dehors de Berlin, les Pfannkuchen sont des crêpes. Dans les régions limitrophes de la France, ce produit porte le nom de Crêpe (ils nous l’ont piqué !). Puisqu’à Berlin Pfannkuchen signifie beignet, les crêpes s’appellent des Eierkuchen. À proximité de la frontière polonaise, l’expression “Plinse” est également employée. En Autriche, les crêpes s’appellent des Palatschinke (ce qui n’a rien à voir avec du Schinken / jambon en allemand) ou Omelette. Dans le nord de l’Allemagne, Omelette c’est une omelette comme on l’entend en français (et dans le reste du monde :P).

Samstag ou Sonnabend ? (Ces deux mots veulent dire samedi)

Dans le sud-ouest, on dit Samstag, dans le nord-est, on dit Sonnabend. Depuis que le “Tagesschau” (journal de 20h), n’accepte que des locuteurs du nord de l’Allemagne, les deux expressions sont maintenant comprises dans toute l’Allemagne.

Etre ou avoir ?

Dans le nord de l’Allemagne, on dit “être” en relation avec un mouvement (sie ist gelaufen, er ist gefahren) et “avoir” en relation avec l’immobilisme (sie hat gesessen, er hat gestanden). Dans le sud de l’Allemagne (= sud du fleuve Main), “être” est également utilisé en relation avec une immobilisation : Ich bin gesessen, sie ist gestanden. “Avoir” est alors utilisé au sens figuré. Quiconque dans le sud de l’Allemagne dit : “Sie hat gesessen, nachdem sie gestanden hat“ parle clairement d’une peine de prison qui fait suite à un aveu. Dans le nord de l’Allemagne, cette phrase n’a aucun sens.

L’heure

La façon de dire l’heure varie d’une région à l’autre (sud de l’Allemagne / nord de l’Allemagne) et c’est quelque chose qui m’a troublé lorsque j’ai déménagé de Halle (Saale) situé à l’Est vers Stuttgart situé au Sud-ouest :

3h – drei Uhr

3h15 – Viertel vier | viertel nach drei

3h30 – halb vier

3h45 – drei Viertel vier | viertel vor vier

4h00 – vier Uhr

Allemagne de l’Est – Allemagne de l’Ouest

L’Allemagne de l’Est et de l’Ouest ont été séparées durant longtemps et cela a contribué au développement d’un certain nombre d’habitudes linguistiques différentes. Ici vous pouvez voir quelques mots “est-allemands” et les mots “ouest-allemands”.

Traduction :

Broiler  / Brathähnchen

Kaufhalle / Supermarkt

Firma / Staatssicherheitsdienst

Wandzeitung / Schwarzes Brett

Krusta / Pizza

Bonbon / Parteiabzeichen

Feierabendheim / Altersheim

Plaste / Plastik

Un certain vocabulaire n’existe qu’en Allemagne de l’Est :

  • abkindern : en ex-RDA,  les jeunes mariés pouvaient contracter un Ehekredit de 5 000 DDR-Mark avec un remboursement mensuel de 50 Mark. Lors de la naissance d’un ou plusieurs enfants, la somme a remboursé été abgekindert (réduite) de 1 000 Mark pour un enfant et de 1 500 Mark à partir du deuxième.
  • Bückware : les marchandises qui n’existaient pas officiellement en ex-RDA pouvaient être obtenues par le biais de relations – la vendeuse se penchait et sortait les marchandises qu’elle avait caché sous le comptoir.

Rivalités

Il existe de nombreux préjugés entre les différentes régions d’Allemagne. La plupart des gens trouvent qu’ils sont eux-mêmes intelligents, les autres sont un peu stupides ou un peu lents. En 2005, lors de la campagne électorale du Bundestag, le Premier ministre de Bavière a déclaré publiquement qu’il y avait beaucoup de gens intelligents en Bavière et trop peu en Allemagne de l’Est. Beaucoup de gens en Allemagne de l’Est ont alors été offensés. Mais la plupart du temps, ces histoires ne sont racontées qu’à titre de plaisanterie, et beaucoup de gens peuvent rire d’eux-mêmes.

Préjugé ?

Que fait un Ostfriese (un Allemand de l’Est) quand il a un trou dans son bateau et que de l’eau s’infiltre ? Il creuse un deuxième trou pour que l’eau qui s’est infiltrée puisse s’échapper !

Pourquoi les Souabes boivent toujours le lait de la même façon ? Parce que le paquet dit “Ouvrez ici”.

Que font les Allemands lorsqu’une guerre éclate et que des bombes nucléaires sont lancées ? Ils fuient dans le Mecklembourg, où tout arrive dix ans plus tard.

 

Vous connaissez désormais mieux les différences culturelles au sein même de l’Allemagne. Auriez-vous pensé cela possible ? Moi pas du tout, même s’il est vrai qu’en France aussi, il y a des différences entre les régions, je trouve qu’elles sont mieux marquées que de l’autre côté du Rhin.

À la prochaine pour un nouvel article. Tschüss!


Différences entre Français et Allemands au travail

Cet article est un extrait de mon e-book Réussir votre expatriation en Allemagne.

Aujourd’hui, la frontière physique entre l’Allemagne et la France a presque disparu. Aller en Allemagne n’a quasiment plus rien d’extraordinaire. Pourtant, c’est un autre pays, un autre langue, une autre culture.

La vie quotidienne des employés Français et Allemands

La journée de travail

Tout d’abord, mes expériences professionnelles en Allemagne me permettent de vous dire que la journée de travail des Français et des Allemands est diamétralement opposée.

De manière générale, les Français se mettent au travail lentement, pour atteindre progressivement leur capacité optimale dans l’après-midi et peuvent rester à leur poste jusque tard dans la journée. Je comparerai les Français à un moteur diesel (ne soyez pas vexés ! 🙂 ). En revanche, les Allemands atteignent rapidement leur niveau de croisière qui décroît lentement jusque dans l’après-midi. Ils sont assimilables à un moteur essence (cela ne veut pas dire qu’ils sont plus efficaces).

En ce qui concerne la pause déjeuner, il existe là encore de grosses différences. En France, la coutume veut qu’elle dure au minimum une heure. Même si cette dernière a tendance à s’amenuiser au fil du temps pour atteindre une demi-heure (c’est bien dommage). Côté Allemand, ladite pause doit être la plus brève possible, permettant de quitter le travail plus tôt et à l’heure prévue.

Enfin, le repas se doit d’être avant tout convivial pour les Français et être pris à heures régulières. Pour les Allemands, l’heure des repas est généralement plus variable.

L’éthique du travail

  • Le formalisme allemand

Les Allemands sont très stricts sur les règles à respecter : que cela concerne la courtoisie, le comportement à avoir dans un bureau, etc. Nous pouvons parler de formalisme allemand quand il s’agit d’évoquer le monde du travail. Veillez donc à être polis avec tous les employés que vous croiserez le matin en arrivant au travail, dans ce pays où chacun connaît son statut, ses droits et attend d’être traité à égalité avec ses homologues.

En France, en revanche, je retrouve beaucoup moins ce formalisme (à ne pas confondre avec le respect de la hiérarchie)

  • Le rapport au pouvoir

Différent entre nos deux pays, la plus grosse variation concerne « le pouvoir intellectuel ». Ainsi, pour être dirigeant d’une entreprise allemande, il est souhaitable de posséder un « Doktorgrad » c’est-à-dire un diplôme de docteur. En effet, l’Allemagne compte un grand nombre de dirigeants de sociétés ayant un titre de « Doktor ». En France, le pouvoir est plutôt exercé par une “élite” formée dans des écoles spécifiques. Cette particularité est typiquement française. L’Allemagne a pour avantage d’être plus égalitaire dans l’accession au pouvoir du moment que l’on est en mesure de prouver ses capacités intellectuelles.

La deuxième dissimilitude est, qu’en Allemagne, le pouvoir est très rarement démontré de manière ostentatoire. Pour eux, pouvoir, position sociale, succès, doivent être exploités avec réserve et modération.

 

Différences de communication entre employés Français et Allemands

Le comportement spatial allemand

En Allemagne, l’espace vital appelé « Lebensraum » revêt un caractère essentiel, sacré et sa population devient anxieuse lorsqu’elle a le sentiment que son domaine est menacé.

Par ailleurs, la distance interpersonnelle est supérieure chez Allemands. Cela signifie que le contact physique – le toucher, prendre dans ses bras, embrasser – est évité. De manière générale, les Allemands « gardent leurs distances ». Nous retrouvons d’ailleurs cette caractéristique dans la manière dont sont construits leurs lits, qui ne sont que des lits jumeaux.

Lors de mes premiers mois en Allemagne, j’avais tendance à penser qu’ils étaient froids, réservés, hostiles. De plus, les expressions faciales sont généralement moins prononcées chez les Allemands, les gestes plus rares et de moindre ampleur. Le contact visuel est direct et soutenu. Autant vous dire que c’est déconcertant, surtout lorsque l’on vient du Sud de la France où les gens communiquent complètement différemment.

 

Le style de communication des Allemands

Le style de communication des Allemands diffère de celui des Français concernant l’alternance de prise de parole. J’ai été très surpris les premiers temps d’observer que les Allemands ne se coupaient pas la parole lorsqu’ils parlaient entre eux. L’explication vient du fait que lorsqu’ils parlent, ils placent le verbe ou la particule verbale la plus significative en fin de phrase. Chacun des protagonistes participant à la conversation doit donc attendre que l’orateur ait fini sa phrase pour en connaître le sens et pouvoir répondre.

Par ailleurs, en Allemagne, lorsqu’une réunion se termine, il est toujours bon de répéter l’objet de la conversation qui vient de se terminer et les résultats atteints.

Les règles à connaître pour travailler en Allemagne

Au téléphone

Observez bien le protocole suivi par les Allemands. Ils sont habitués à ce que le combiné soit immédiatement décroché (dès les deux ou trois premières sonneries) lorsqu’ils téléphonent et à ce que la personne qui décroche se présente.

Exemple allemand: dring, dring, dring, « Frau Keyser ».

Exemple français: dring, dring, dring, « Âllo! ».

Certes, aujourd’hui en France, lorsque nous nous trouvons sur notre lieu de travail, il devient de plus en plus fréquent de répondre en s’annonçant. Toutefois, dans la sphère privée, seuls quelques Français se présentent à leur interlocuteur au téléphone. Ainsi, en Allemagne, vous n’entendrez jamais quelqu’un répondre par « Âllo ! » que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel.

Les cinq règles essentielles

En Allemagne, il y a cinq règles essentielles auxquelles vous ne pouvez pas déroger, elles sont incontournables. En France, par contre, si vous ne les respectez pas, personne ne s’en indignera.

Les voici :

  1. Si possible, répondez le jour même à tout e-mail ;
  2. Si c’est impossible, informez votre interlocuteur en lui précisant à quel moment vous serez en mesure de lui faire une réponse définitive ;
  3. Veillez à formuler une réponse à toutes les questions posées dans le courrier ou au cours d’un entretien ;
  4. Respectez les délais annoncés ;
  5. Dans le cadre de réunions :
    • Préparez toujours un ordre du jour détaillé (objet de la réunion, lieu où elle se tiendra, heure à laquelle elle débutera et se terminera, points qui seront évoqués, etc.) ;
    • Allez à l’essentiel, entrez directement dans le vif du sujet, soyez direct ;
    • Ponctuez votre discours d’exemples, mais veillez à vous en tenir aux faits et à les expliciter de manière claire et chiffrée.

Vous l’avez compris, les différences entre Français et Allemands au travail restent importantes. Toutefois, vous observerez aussi au cours de votre séjour de l’autre côté du Rhin qu’il y a des éléments sur lesquels nos cultures ne sont pas si éloignées. Je pense même qu’une nouvelle culture est en cours de création : la culture franco-allemande. En tant que bilingue français-allemand, je serais très heureux d’être un de ses premiers ambassadeurs :).

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Les Allemands vus par les Français

Ils mangent des Bratwurst et boivent de la bière, ils sont ponctuels, n’ont pas d’humour et ne sont pas chaleureux – de nombreux clichés sur les Allemands sont tout sauf flatteurs. Mais est-ce qu’ils sont vraiment comme ça ? Qu’en disent les français qui vivent en Allemagne depuis des années ? Je leur ai demandé.

Cliché 1 : Les Allemands mangent des Bratwurst, de la Kartoffelsalat et boivent de la bière.

Pour Florian B. les Allemands ne sont pas de plus gros mangeurs de pommes de terre que d’autres pays et son intuition est juste puisque selon le site internet de.statista.com, les Allemands consomment “seulement” 61 kg de pommes de terre par an en 2016 contre 117 kg pour les Lettons !

Benjamin V. a pu remarquer qu’ils apprécient aussi le bon vin et les chiffres confirment cela. L’Allemagne est le quatrième marché mondial de consommation de vin derrière les États-Unis, l’Italie et la France, avec une consommation par habitant s’élevant à 26,3 litres par an. En volume, l’Allemagne est d’ailleurs le premier importateur mondial de vin.

En ce qui concerne les Bratwurst, pas besoin de statistiques. Les Allemands en raffolent. Il suffit de vivre quelques mois en Allemagne pour s’en rendre compte.

Conclusion : le cliché est véridique et en plus, il a bon goût.

Cliché 2 : Les Allemands sont distants, peu chaleureux et peu empathique.

Complètement FAUX ! Les interviewés le disent d’eux-même.

“Quand je suis venu ici, j’ai été surpris par la gentillesse des gens. Je dois dire que j’avais aussi peur du racisme. L’image du nazi allemand est encore très répandue en France. Mais finalement pas du tout ! J’ai trouvé les gens très ouvert d’esprit.”, nous raconte Florian B.

“Les Allemands sont très gentils et serviables, même dans une grande ville comme Berlin. A Paris les gens sont beaucoup plus distants”, dit-il. Voici ce qu’il raconte sa dernière visite dans la capitale parisienne : “J’ai essayé de changer de l’argent en chemin et personne ne m’a aidé ! Cela n’aurait pas été un problème à Berlin. Les gens ici ne sont pas si effrayés et désintéressés.”

Benjamin V. qui a aussi vécu en Pologne où les Allemands sont considérés comme polis attendait beaucoup sur ce point là. Il a été surpris par la désinvolture, par exemple, lorsqu’il a offert sa place à une femme dans le bus et n’a récolté qu’un simple “non”. Ou un “oops” au lieu de “pardon” lorsque quelqu’un l’a bousculé dans les transports en commun.

Même un “merci” n’est pas toujours une évidence en Allemagne, admet-il. Mais : l’apparence n’est pas la chose la plus importante. La gentillesse peut se manifester de différentes manières – et il en fait l’expérience en Allemagne.

Conclusion : le cliché est réfuté. Finalement, c’est une question de point de vue !

Cliché 3 : Les Allemands sont sans humour et rigides.

Les personnes interrogées considèrent également que cette idée reçue est “absurde”. Benjamin V. croit qu’elle pourrait être le résultat d’une mauvaise compréhension du sérieux dont font preuve de nombreux Allemands.

“Mais cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le sens de l’humour ! Au contraire, j’apprécie leur esprit souvent brut de pomme et leur ironie”, dit-il, ajoutant avec compassion : “Mais les Allemands ont aussi beaucoup à endurer quand il s’agit de leur réputation.”

Lorsque le comédien anglais Rowan Atkinson alias “Mr. Bean” a indiqué dans une interview du bunte.de que les Allemands avait un “bon sens de l’humour”, il a fait la Une de la presse allemande. L’impitoyable Mark Twain, auteur de l’essai “La terrible langue allemande”, écrit dans sa célèbre “Balade à travers l’Europe” :

“Comment avons-nous eu l’idée que les Allemands étaient un peuple têtu et flegmatique ? En fait, ils sont loin de l’être. Ils sont chaleureux, sensibles, impulsifs, enthousiastes, avec la plus tendre poussée, ils versent des larmes, et il n’est pas difficile de les faire rire”.

Conclusion : le cliché n’est pas vrai. Ou était-ce ironique ?

Cliché 4 : Les Allemands sont travailleurs, économes et efficaces.

Benjamin V. trouve l’austérité allemande sympathique “parce qu’elle n’est pas une expression d’avidité, mais d’efficacité et de rationalité. En France, vous n’achèteriez jamais un œuf à l’unité, en Allemagne, vous l’achèteriez – parce que vous n’aviez besoin que d’un seul”.

Les Allemands ne sont pas les seuls à être des travailleurs et je ne dis pas cela pour ne pas vexer mes lecteurs 🙂 ! Les personnes interrogées se sentent pourtant obligées de dire que les Germains sont particulièrement assidus.

“En France, il y a l’idée que les Allemands sont si riches parce qu’ils travaillent beaucoup. Ils sont également considérés comme hautement qualifiés. Les ingénieurs allemands sont célèbres”, explique Florian B. Benjamin V., quant à lui, trouve remarquable que les Allemands se consacrent même à leur temps libre avec ardeur.

Conclusion : le cliché est correct 🙂

Cliché 5 : Les Allemands aiment l’ordre et respectent les règles.

Ces vertus prussiennes viennent immédiatement à l’esprit de Florian B. – même s’il vit à Berlin, où les Allemands (y compris les Berlinois) croient qu’il n’y a que du chaos.

“Les Allemands ont beaucoup de règles et les respectent. C’est pourquoi tout fonctionne ici. C’est bien, dit-il. Cela commence par les règles de circulation. Essayez de traverser la rue à Paris ! C’est dangereux.”

La bureaucratie allemande tant déplorée est “un jeu d’enfant comparé à celui de la France”. Le manque de ponctualité, souvent évoqué, de la Deutsche Bahn s’explique par le fait que les Allemands sont simplement habitués à ce que tout fonctionne parfaitement. Un escalier roulant cassé vous donne dans ce pays “le sentiment d’être un survivant dans la jungle de la civilisation”, plaisante Florian B. Il trouve “bénéfique” l’amour teutonique pour les règles. En effet, “l’ordre simplifie la vie”.

Mais il observe aussi un certain “laxisme allemand”, une rébellion contre les règles dans l’esprit des années 68.

Conclusion : le cliché est vrai. Mais ils pourraient être encore plus ordonnés !

La conclusion

Finalement, les étrangers qui vivent depuis longtemps en Allemagne semblent avoir une meilleure opinion sur les Allemands que ceux qui n’y ont jamais vécu ! Alors attention aux idées reçues même si elles peuvent parfois être justifiées, elles ne reflètent pas la culture allemande dans son intégralité.