Archives June 2018

Les Allemands vus par les Français

Ils mangent des Bratwurst et boivent de la bière, ils sont ponctuels, n’ont pas d’humour et ne sont pas chaleureux – de nombreux clichés sur les Allemands sont tout sauf flatteurs. Mais est-ce qu’ils sont vraiment comme ça ? Qu’en disent les français qui vivent en Allemagne depuis des années ? Je leur ai demandé.

Cliché 1 : Les Allemands mangent des Bratwurst, de la Kartoffelsalat et boivent de la bière.

Pour Florian B. les Allemands ne sont pas de plus gros mangeurs de pommes de terre que d’autres pays et son intuition est juste puisque selon le site internet de.statista.com, les Allemands consomment “seulement” 61 kg de pommes de terre par an en 2016 contre 117 kg pour les Lettons !

Benjamin V. a pu remarquer qu’ils apprécient aussi le bon vin et les chiffres confirment cela. L’Allemagne est le quatrième marché mondial de consommation de vin derrière les États-Unis, l’Italie et la France, avec une consommation par habitant s’élevant à 26,3 litres par an. En volume, l’Allemagne est d’ailleurs le premier importateur mondial de vin.

En ce qui concerne les Bratwurst, pas besoin de statistiques. Les Allemands en raffolent. Il suffit de vivre quelques mois en Allemagne pour s’en rendre compte.

Conclusion : le cliché est véridique et en plus, il a bon goût.

Cliché 2 : Les Allemands sont distants, peu chaleureux et peu empathique.

Complètement FAUX ! Les interviewés le disent d’eux-même.

“Quand je suis venu ici, j’ai été surpris par la gentillesse des gens. Je dois dire que j’avais aussi peur du racisme. L’image du nazi allemand est encore très répandue en France. Mais finalement pas du tout ! J’ai trouvé les gens très ouvert d’esprit.”, nous raconte Florian B.

“Les Allemands sont très gentils et serviables, même dans une grande ville comme Berlin. A Paris les gens sont beaucoup plus distants”, dit-il. Voici ce qu’il raconte sa dernière visite dans la capitale parisienne : “J’ai essayé de changer de l’argent en chemin et personne ne m’a aidé ! Cela n’aurait pas été un problème à Berlin. Les gens ici ne sont pas si effrayés et désintéressés.”

Benjamin V. qui a aussi vécu en Pologne où les Allemands sont considérés comme polis attendait beaucoup sur ce point là. Il a été surpris par la désinvolture, par exemple, lorsqu’il a offert sa place à une femme dans le bus et n’a récolté qu’un simple “non”. Ou un “oops” au lieu de “pardon” lorsque quelqu’un l’a bousculé dans les transports en commun.

Même un “merci” n’est pas toujours une évidence en Allemagne, admet-il. Mais : l’apparence n’est pas la chose la plus importante. La gentillesse peut se manifester de différentes manières – et il en fait l’expérience en Allemagne.

Conclusion : le cliché est réfuté. Finalement, c’est une question de point de vue !

Cliché 3 : Les Allemands sont sans humour et rigides.

Les personnes interrogées considèrent également que cette idée reçue est “absurde”. Benjamin V. croit qu’elle pourrait être le résultat d’une mauvaise compréhension du sérieux dont font preuve de nombreux Allemands.

“Mais cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le sens de l’humour ! Au contraire, j’apprécie leur esprit souvent brut de pomme et leur ironie”, dit-il, ajoutant avec compassion : “Mais les Allemands ont aussi beaucoup à endurer quand il s’agit de leur réputation.”

Lorsque le comédien anglais Rowan Atkinson alias “Mr. Bean” a indiqué dans une interview du bunte.de que les Allemands avait un “bon sens de l’humour”, il a fait la Une de la presse allemande. L’impitoyable Mark Twain, auteur de l’essai “La terrible langue allemande”, écrit dans sa célèbre “Balade à travers l’Europe” :

“Comment avons-nous eu l’idée que les Allemands étaient un peuple têtu et flegmatique ? En fait, ils sont loin de l’être. Ils sont chaleureux, sensibles, impulsifs, enthousiastes, avec la plus tendre poussée, ils versent des larmes, et il n’est pas difficile de les faire rire”.

Conclusion : le cliché n’est pas vrai. Ou était-ce ironique ?

Cliché 4 : Les Allemands sont travailleurs, économes et efficaces.

Benjamin V. trouve l’austérité allemande sympathique “parce qu’elle n’est pas une expression d’avidité, mais d’efficacité et de rationalité. En France, vous n’achèteriez jamais un œuf à l’unité, en Allemagne, vous l’achèteriez – parce que vous n’aviez besoin que d’un seul”.

Les Allemands ne sont pas les seuls à être des travailleurs et je ne dis pas cela pour ne pas vexer mes lecteurs 🙂 ! Les personnes interrogées se sentent pourtant obligées de dire que les Germains sont particulièrement assidus.

“En France, il y a l’idée que les Allemands sont si riches parce qu’ils travaillent beaucoup. Ils sont également considérés comme hautement qualifiés. Les ingénieurs allemands sont célèbres”, explique Florian B. Benjamin V., quant à lui, trouve remarquable que les Allemands se consacrent même à leur temps libre avec ardeur.

Conclusion : le cliché est correct 🙂

Cliché 5 : Les Allemands aiment l’ordre et respectent les règles.

Ces vertus prussiennes viennent immédiatement à l’esprit de Florian B. – même s’il vit à Berlin, où les Allemands (y compris les Berlinois) croient qu’il n’y a que du chaos.

“Les Allemands ont beaucoup de règles et les respectent. C’est pourquoi tout fonctionne ici. C’est bien, dit-il. Cela commence par les règles de circulation. Essayez de traverser la rue à Paris ! C’est dangereux.”

La bureaucratie allemande tant déplorée est “un jeu d’enfant comparé à celui de la France”. Le manque de ponctualité, souvent évoqué, de la Deutsche Bahn s’explique par le fait que les Allemands sont simplement habitués à ce que tout fonctionne parfaitement. Un escalier roulant cassé vous donne dans ce pays “le sentiment d’être un survivant dans la jungle de la civilisation”, plaisante Florian B. Il trouve “bénéfique” l’amour teutonique pour les règles. En effet, “l’ordre simplifie la vie”.

Mais il observe aussi un certain “laxisme allemand”, une rébellion contre les règles dans l’esprit des années 68.

Conclusion : le cliché est vrai. Mais ils pourraient être encore plus ordonnés !

La conclusion

Finalement, les étrangers qui vivent depuis longtemps en Allemagne semblent avoir une meilleure opinion sur les Allemands que ceux qui n’y ont jamais vécu ! Alors attention aux idées reçues même si elles peuvent parfois être justifiées, elles ne reflètent pas la culture allemande dans son intégralité.


Séjour linguistique en Allemagne

Vous souhaitez améliorer votre maîtrise de l’allemand ou bien partir en Allemagne pour apprendre la langue au contact des locaux ?

Il existe plusieurs possibilités que vous permettront de concrétiser votre projet linguistique. Cet article a pour objectif de vous en lister quelques-unes. Mais avant cela, il est important que vous définissiez combien de temps vous souhaitez rester dans le pays et comment vous allez financer votre séjour.

4 séjours rémunérés et de longue durée pour apprendre l’allemand

1. Devenir volontaire en service civique avec l’OFAJ (Office Franco-Allemand pour la Jeunesse)

L’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse offre la possibilité aux jeunes âgés de 18 à 25 ans de partir en Allemagne pour une durée de 10 à 12 mois dans le cadre d’un service civique et de percevoir une rémunération.

J’ai moi-même été volontaire de 2012 à 2013 et cette expérience m’a permis en l’espace d’une année de devenir bilingue en allemand. J’ai aussi pu voyager en Allemagne et dans les pays limitrophes, tisser des liens d’amitié avec des allemands, participer à un échange scolaire entre une école au Sénégal et l’école où je faisais mon service civique, participer à des séminaires de communication interculturelle, etc.

Pour plus d’informations sur ce programme : devenir volontaire OFAJ

2. Partir dans le cadre d’un séjour au pair

Le séjour au pair est un voyage culturel et linguistique, dont l’objectif est l’apprentissage d’une langue et la découverte d’une culture. En échange d’un travail au sein d’une famille, la personne est accueillie, logée et perçoit, dans la plupart des cas, une rémunération.

Le site internet leader en la matière : www.aupairworld.com

3. Faire du WWOOFing

Le WWOOF est un acronyme qui désignait à l’origine « Working Weekends on Organic Farms » (week-ends de travail dans des fermes biologiques). Des hôtes se proposent d’accueillir des WWOOFers pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire, leur quotidien et leurs activités avec la possibilité pour ces derniers de se voir offrir le gîte et le couvert. 

Le WWOOFing est ouvert à tout le monde quel que soit l’âge (réservé aux +18) ou la nationalité. Il n’y a pas non plus de prérequis à avoir. L’essentiel étant d’avoir envie d’apprendre, d’être intéressé par la protection de l’environnement puisque les activités respectent les principes d’une agriculture plus respectueuse de la nature, de la biodiversité.

Pour plus d’informations : WWOOFing Germany

4. Partir en Erasmus

Le programme Erasmus est un programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités, les grandes écoles européennes et des établissements d’enseignement à travers le monde entier.

Grâce au programme Erasmus, j’ai pu effectuer mon stage de fin d’année de Master à Stuttgart en Allemagne pendant 6 mois. Mon niveau d’allemand a considérablement progressé, j’ai pu vivre une expérience professionnelle à l’étranger et découvrir la culture allemande dans le monde de l’entreprise. Petit plus, j’ai aussi perçu une aide financière Erasmus+ durant le séjour.

En effet, grâce au programme Erasmus vous pouvez soit partir étudier dans une université partenaire, soit aller faire un stage dans une entreprise à l’étranger.

La bourse de mobilité Erasmus+ est accordée à tous les étudiants qui partent en Erasmus (boursiers ou non). Elle est calculée en fonction du coût de la vie dans le pays de destination. En ce qui concerne l’Allemagne, sont montant est d’environ 150€/mois pour un étudiant et 300€/mois pour un étudiant stagiaire. Attention toutefois car le versement se fait en 2 temps : 80% en début de séjour, 20% au moment du retour dans le pays d’origine.

Pour plus d’informations : Erasmus +

Vous connaissez désormais 4 façons de partir séjourner en Allemagne tout en percevant une rémunération. De quoi apprendre la langue sans devoir piocher dans ses réserves.

 


Immagration en Allemagne – quelles sont les règles ?

Les possibilités d’immigrer et de travailler en Allemagne en tant que travailleur migrant varient selon votre origine : si vous êtes citoyen de l’UE, vous êtes soumis à des règles juridiques différentes de celles des ressortissants de pays tiers, c’est-à-dire des pays extérieurs à l’UE.

Comment les citoyens de l’UE peuvent-ils immigrer en Allemagne ?

Les citoyens de l’UE et leurs familles n’ont pas besoin d’un visa pour entrer en Allemagne, ni d’un titre de séjour ou d’un permis de travail.

Ceci s’applique également aux citoyens de la Suisse et de l’Espace économique européen (EEE). L’EEE comprend le Liechtenstein, la Norvège ou l’Islande.

La loi européenne sur la libre circulation permet à tout ressortissant d’un État membre de l’UE de séjourner en Allemagne avec sa famille pour une durée maximale de trois mois.

“Si les citoyens de l’UE restent en Allemagne pendant plus de trois mois, ils doivent satisfaire à certains critères : par exemple, ils doivent travailler, être indépendants ou au moins chercher un emploi “, explique Thomas Oberhäuser, avocat et président du groupe de travail sur le droit de la migration au sein du barreau allemand (DAV).

Si les citoyens de l’UE sont à la recherche d’un emploi mais n’en ont pas encore trouvé, ils peuvent rester dans le pays jusqu’à six mois.

Les citoyens de l’UE qui n’exercent pas d’activité lucrative peuvent rester plus longtemps en Allemagne, mais doivent alors souscrire leur propre assurance maladie et gagner leur vie. Cela s’applique également aux étudiants et aux retraités.